Hotel Comercio

Véronique Goël

Un livre de cinéaste. Sur la couverture, le titre en gros caractères
capte l’oeil. Enigmatique. Rien n’indique de quoi il s’agit. On
ouvre le livre et l’on découvre une série de 110 photographies
cernées par six lignes de texte. L’hôtel Comercio lui-même
n’apparaît que sur une 111e photographie, ajoutée à la toute
dernière page. Il ferme le livre et il semble lui aussi fermé, stores
baissés – peut-être désaffecté. Au fil de la lecture, on l’aura donc
cherché, cet hôtel, pour comprendre enfin qu’il représente à lui
seul toute la ville que l’auteur étale sous nos yeux. Mais où
sommes-nous? Ces places, ces rues, saisies dans une lumière crue,
ces nettoyeurs, ces dormeurs oubliés sur leur banc, ces sacs de
gravats, restes de quartiers livrés aux remodelages immobiliers,
ces calicots aux fenêtres qui hurlent d’impuissance face au tapage
nocturne, cette dérive urbaine, c’est Barcelone. Mais le lecteur
comprend vite que le propos ne relève en rien de la couleur locale:
tout cela, tôt ou tard, il pourra le lire dans sa propre ville – à moins
qu’elle ne soit pas (miracle) un «hôtel comercio» assujetti aux
seules chimères du profit pour assurer sa prospérité.

Une suite de phrases en trois langues (espagnol, français, anglais),
«dépêches» d’agences mises bout à bout, reflétant l’état du
monde, se déroule comme un long ruban incitant le lecteur à
«projeter» les images du livre sur l’écran de son imaginaire et de
sa réflexion. Un livre de cinéaste. Un livre d’artiste.

Informations sur le livre

Textes en espagnol,

Relié, couverture cartonnée

32 x 18,5 cm | 64 pages

français et anglais

111 illustrations en couleurs

ISBN : 978-2-9700532-1-7

CHF 29,50 / € 20